Lacs de Covadonga depuis Oviedo en bus : le guide sans voiture
Covadonga attire surtout pour deux raisons : un sanctuaire ancien dans les montagnes des Asturies et les lacs glaciaires Enol et Ercina, situés à plus de mille mètres d’altitude. On y trouve une basilique en pierre rose, la Sainte Grotte, à laquelle on rattache le début de la Reconquista espagnole, et c’est d’ici que partent les alpages du parc national des Picos de Europa. J’y suis allée fin septembre depuis Oviedo, sans voiture : en une journée, j’ai eu le temps de visiter le sanctuaire, de faire le tour des lacs et de me promener un peu à Cangas de Onís. Je vous explique comment tout organiser en bus, où acheter les billets, combien de temps prévoir pour la balade et comment ne pas se tromper d’arrêt pour les lacs – il y a là un détail qui n’a rien d’évident.

Covadonga : qu’est-ce que c’est et pourquoi y aller
Covadonga, c’est un petit sanctuaire dans les montagnes des Asturies, au nord de l’Espagne, et deux lacs situés douze kilomètres plus haut, au bout d’une route en lacets. Pour les Espagnols, c’est avant tout un lieu historique. Au début du VIIIe siècle, vers 722, la troupe du Wisigoth Pelayo (Pélage, en français) y a battu une armée arabe, et c’est de cette victoire que l’on fait partir la Reconquista – huit siècles pendant lesquels les royaumes chrétiens ont repris la péninsule. Pelayo est devenu le premier roi des Asturies, et son minuscule royaume de montagne est considéré comme le germe de la future Espagne. Pour simplifier, Covadonga est pour un Espagnol à la fois un sanctuaire et un monument national, un peu comme Lourdes pour un Français.
Les lacs Enol et Ercina se trouvent plus haut, à un peu plus de mille mètres, déjà dans le parc national des Picos de Europa. C’est le premier parc national d’Espagne : il a été créé en 1918 sous le nom de « Montagne de Covadonga », puis agrandi et rebaptisé en 1995. Les cyclistes connaissent l’endroit pour une autre raison : la montée vers les lacs est l’arrivée en altitude la plus célèbre de la Vuelta, l’équivalent espagnol de l’Alpe d’Huez.
La route des lacs a une particularité importante. Du 1er juin au 18 octobre, elle est fermée aux voitures particulières. Pendant cette période, le gouvernement des Asturies met en place ce qu’on appelle le plan d’accès aux lacs (Plan de Transporte a los Lagos) : seuls des bus spéciaux montent depuis les parkings situés en contrebas, et on peut aussi monter en taxi. Dans la suite, je parle simplement du « plan d’accès ». Du coup, la voiture n’apporte presque rien ici, et depuis Oviedo tout se fait tranquillement en une journée en bus. J’y suis allée un mercredi, fin septembre, et c’est cette formule que je décris.
Une journée en transports en commun
En chemin, il faut prendre plusieurs bus, mais les correspondances se font sans longue attente :
- ALSA Oviedo – Cangas de Onís. Départ de la gare routière d’Oviedo (Estación de Autobuses Pepe Cosmen), environ une heure et demie de trajet, billet autour de 7 € l’aller simple. Les places ne sont pas numérotées et on fait la queue devant le bus, donc mieux vaut arriver un peu en avance.
- Lanzadera Cangas – Covadonga. C’est ainsi qu’on appelle ici la navette qui monte au sanctuaire. Elle passe toutes les demi-heures, le trajet dure vingt minutes. Gratuite avec un billet pour les lacs, 1,55 € sans.
- Bus Covadonga – lacs. Le bus du plan d’accès, environ une demi-heure de montée en lacets. Billet aller-retour uniquement, avec des horaires fixes de montée et de descente.
- Retour. Le bus des lacs jusqu’à Cangas (en basse saison, en général sans changement, détails plus bas), puis l’ALSA jusqu’à Oviedo.

J’avais acheté mes billets pour les lacs à l’avance, en ligne, et c’est la bonne méthode : les billets en ligne sont prioritaires, sur place on ne vend que ce qui reste. Fin septembre, en semaine, il restait beaucoup de places et il n’y avait presque personne. Mais d’après les avis, en juillet-août, les billets d’une journée partent plusieurs jours à l’avance.
Cangas de Onís : une demi-heure entre deux bus
Entre l’arrivée de l’ALSA et le départ de la lanzadera, j’avais environ une demi-heure. Cela m’a suffi pour aller jusqu’au pont romain – il est à quatre cents mètres environ de la gare routière – et revenir au bus.
On l’appelle « romain » par tradition. En réalité, il est médiéval, du XIIIe siècle environ, et repose peut-être sur d’anciennes piles romaines. Il a cinq arches, et sous la plus haute, celle du centre, la Croix de la Victoire est suspendue à une chaîne. C’est le grand symbole des Asturies : selon la tradition, Pelayo est parti au combat à Covadonga avec une croix de bois de ce genre, et elle figure aujourd’hui sur le drapeau de la région. L’original est conservé à la cathédrale d’Oviedo, celle du pont est une copie. Cangas de Onís a d’ailleurs été la première capitale du royaume des Asturies.

On peut approcher le pont de deux côtés : descendre au bord de l’eau pour voir les arches d’en bas, ou monter sur le pont lui-même. Le tablier est en pierre et en dos d’âne, et de là on voit les toits de la ville et les montagnes tout autour.


La lanzadera pour Covadonga part de la même gare routière. Si vous avez déjà votre billet pour les lacs, elle est gratuite : il suffit de montrer le QR code au chauffeur. Mieux vaut quand même avoir un peu de liquide au cas où : la carte n’est pas toujours acceptée, et 1,55 € se règle plus facilement en pièces.
Le sanctuaire de Covadonga
La lanzadera vous dépose en haut, juste devant la basilique. Le sanctuaire regroupe plusieurs lieux qu’on visite à pied : la basilique, l’esplanade avec la statue de Pelayo, la Sainte Grotte dans la falaise, la fontaine et le petit bassin en contrebas, un petit musée. L’entrée de la basilique et de la grotte est gratuite, de huit heures du matin à huit heures du soir ; le musée coûte environ 2,50 €. Une heure m’a suffi pour tout le site, basilique comprise ; avec le musée, ajoutez une demi-heure.
La basilique
On voit la basilique dès la fenêtre du bus : deux tours pointues sur fond de montagne verte. De l’extérieur, elle a l’air médiévale, alors qu’elle a été construite entre 1877 et 1901, dans le style néo-roman, en calcaire rose de la région. Le projet est signé Roberto Frassinelli, un Allemand qui vivait dans les Asturies, et c’est l’architecte Federico Aparici qui a mené la construction. Sous un ciel couvert, la pierre rose paraît presque orange.



Une terrasse avec une balustrade fait le tour de la basilique. En dessous passe la route qu’empruntent les bus pour redescendre, et depuis la terrasse on voit bien que l’édifice est posé sur un éperon rocheux.



La basilique sous plusieurs angles : la route sous la terrasse, une tour derrière un cèdre et les flèches




La porte et les arcades de la façade


Le portail et les chapiteaux des colonnes

À l’intérieur de la basilique
À l’intérieur, la lumière est sombre et les tons sont chauds : la même pierre rose, de hautes voûtes, des lustres dorés en forme d’anneau suspendus à des chaînes. Au fond, un orgue superbe, directement intégré dans le mur, ce qui est très inhabituel. Dans l’abside, derrière l’autel, cinq fenêtres étroites et une grande croix.


La nef de la basilique



L’abside, l’orgue et un lustre
À droite de l’autel se trouve une statue de la Vierge à l’Enfant, couverte de fleurs. C’est une représentation de la Santina, patronne des Asturies ; j’en parle plus bas, à propos de la grotte. Les noms des donateurs sont gravés sur les lustres, et des lampes votives pendent entre les colonnes.



Un lustre gravé, une lampe votive et la statue de la Vierge près de l’autel
Près de l’entrée, dans une niche, se trouve un buste en bronze dans un cadre baroque noir : c’est le monument à l’évêque d’Oviedo sous lequel la basilique a été achevée.


Le monument à l’évêque Martínez Vigil près de l’entrée
L’esplanade et la statue de Pelayo
L’esplanade devant la basilique est pavée, bordée de drapeaux de l’Espagne et des Asturies, et au centre se dresse Pelayo en bronze : une croix dans une main, l’autre levée vers la montagne. La statue a été installée au milieu des années 1960 ; sur le socle, une inscription annonce que « cette petite colline sera le salut de l’Espagne ».



Le bâtiment au blason sur l’esplanade et le blason de près
Les abords de la basilique sont bien entretenus : un jardin avec des cèdres et des buissons taillés, et dans ce jardin, une petite tour ronde crénelée.

L’hôtel, le jardin et la fontaine de 1896
Le long bâtiment jaune à côté de la basilique, c’est le Gran Hotel Pelayo. Il a été construit pour les pèlerins il y a plus de cent ans et fonctionne toujours ; c’est d’ailleurs le seul hôtel situé dans le sanctuaire même. Devant s’étend un jardin aux buissons taillés, et près de l’entrée se trouve une fontaine en pierre datée de « 1896 », avec une tête de lion d’où l’eau coule encore. Fin septembre, tout le jardin était couvert de baies rouges d’aubépine et de houx.



La fontaine de 1896 et la tête de lion de près


Aubépine et houx dans le jardin
La Sainte Grotte
C’est pour la grotte que viennent les Espagnols. Depuis la basilique, une route descend vers elle, puis on passe par un tunnel creusé dans la roche. La grotte elle-même n’est pas une caverne, plutôt une niche perchée haut dans une paroi verticale. Elle abrite une petite chapelle, et au pied de la falaise se trouve un petit bassin. Depuis la route, on voit tout l’ensemble : la falaise, la chapelle dans sa niche et les bâtiments jaunes du sanctuaire en dessous.


On entre dans la grotte par un tunnel creusé dans la roche. À l’entrée du tunnel, les pèlerins allument des bougies et laissent des fleurs : les godets rouges des bougies s’alignent en rangées. Juste à côté, devant la falaise, se dresse une vieille croix de pierre. Dans le tunnel, une niche abrite trois croix en bois, vestiges d’un ancien chemin de croix.




L’inscription dans la roche et les bougies à l’entrée du tunnel

Dans la grotte elle-même, il y a des bancs en bois et un petit autel avec la Santina, une petite statue en bois de la Vierge. C’est l’image la plus vénérée des Asturies. Selon la légende, avant la bataille, Pelayo s’est réfugié dans cette grotte, où un ermite gardait une image de la Vierge, et on a attribué la victoire à son intercession. L’ancienne statue a brûlé dans un incendie au XVIIIe siècle ; celle d’aujourd’hui date du XVIe siècle et a été donnée par la cathédrale d’Oviedo. C’est ici aussi que se trouve le tombeau de Pelayo : il est mort à Cangas, et ses restes ont été transférés plus tard dans la grotte.



La chapelle dans la roche et le bassin en dessous
Depuis la plateforme près de la grotte, on aperçoit une cloche sous un petit abri, sur le versant d’en face. Elle se trouve en pleine forêt, et on peut facilement la manquer. Sous la falaise, il y a le bâtiment jaune du sanctuaire et un escalier qui descend vers la fontaine ; près des bâtiments, une lanterne en fer forgé surmontée d’une croix.



La lanterne en fer forgé et les bâtiments du sanctuaire sous la falaise


La fontaine aux sept jets et le bassin
Sous la grotte, il y a le bassin et une fontaine en pierre. L’eau sort d’une Croix de la Victoire sculptée dans la roche et tombe dans une vasque à sept tuyaux. Les gens d’ici l’appellent la fontaine du mariage : qui boit aux sept jets se mariera dans l’année. Juste à côté, il est vrai, un panneau précise qu’il ne faut pas boire à la fontaine. On jette des pièces dans le bassin – le fond brille.


La fontaine aux sept jets et la basilique vue depuis le ruisseau en contrebas
Ici aussi, près du bassin, se trouvent deux lions de pierre.


Où prendre le bus pour les lacs
L’arrêt du bus pour les lacs a une particularité qui n’a rien d’évident. La lanzadera de Cangas vous dépose juste devant la basilique, mais le bus qui monte aux lacs part d’un tout autre endroit : le parking El Peregrino (P5), plus bas sur la route. Il n’y a pas de grands panneaux, seulement une petite plaque ALSA. Depuis la basilique, comptez cinq à dix minutes de descente, à travers la forêt par un chemin de pierre ou par le bord de la route.
C’est d’ailleurs pratique : la visite du sanctuaire se fait naturellement de haut en bas. D’abord la basilique, puis la grotte, ensuite la descente vers le bassin et la fontaine aux sept jets, et de là on continue simplement sur la route jusqu’à l’arrêt. L’essentiel est de ne pas attendre le bus là où la lanzadera vous a déposé : le billet est lié à un horaire, et on peut facilement rater son départ.

Arrêt du bus pour les lacs à Covadonga
- Où : parking El Peregrino (P5), plus bas que le sanctuaire sur la route, petite plaque alsa
- Depuis la basilique : 5 à 10 minutes à pied en descendant
- Google Maps : emplacement de l’arrêt
- Important : les départs tardifs de 18 h 50, 19 h 05 et 20 h 50 des lignes 1 et 2 ne s’arrêtent pas à Covadonga
La route des lacs
De Covadonga aux lacs, il y a environ douze kilomètres de lacets, et le bus met à peu près une demi-heure. Depuis 1983, c’est sur cette même route que se jouent les arrivées en montagne de la Vuelta : pente moyenne de plus de sept pour cent, et jusqu’à quinze sur le tronçon de La Huesera, « l’ossuaire ». Par la fenêtre du bus, on ne voit d’abord que les lacets entre les rochers calcaires, puis la route débouche sur des prairies ouvertes, et les vaches font leur apparition.


Vers le septième kilomètre, la route passe devant le belvédère Mirador de la Reina, nommé en l’honneur de la reine Victoire-Eugénie. Le bus ne s’y arrête pas, mais par temps clair on voit depuis la fenêtre la vallée et même la côte. Par temps couvert, on ne distingue que les pentes les plus proches.


Le haut de la route : rochers, prairies et brouillard

Les lacs de Covadonga : ce qu’on trouve là-haut
Le bus s’arrête au parking de Buferrera, entre les deux lacs. Il y a un bar, des toilettes, et à côté le centre d’accueil des visiteurs Pedro Pidal (gratuit, ouvert de 10 h à 17 h 30) ainsi que d’anciennes mines. C’est d’ici que partent tous les sentiers.
Il y a deux lacs. L’Enol est un peu plus bas, à environ mille soixante-dix mètres d’altitude ; il est plus grand et plus profond. L’Ercina est plus haut et peu profond, deux mètres à peine. Tous deux sont d’origine glaciaire, entourés de montagnes calcaires nues et de prairies vertes. Il existe aussi un troisième lac, le Bricial, mais il n’apparaît qu’après les pluies et la fonte des neiges.

Pour la balade, il y a deux itinéraires principaux. La petite boucle, environ deux kilomètres et demi, passe par les mines, l’Ercina, le belvédère entre les lacs et l’Enol, puis revient au parking. Cela représente une heure de marche effective, deux heures à deux heures et demie avec les pauses. La grande boucle, balisée PR-PNPE-2, fait environ six kilomètres pour quelque cent trente mètres de dénivelé, et on compte quatre heures. J’ai fait la petite : il s’est mis à pleuvoir là-haut, et la petite boucle tient justement dans les deux heures et demie minimum entre la montée et la descente prévues par le billet. Je vous conseille de télécharger à l’avance une carte hors ligne, par exemple Maps.me : elle permet de bien suivre sur quel chemin vous êtes.
Le parc est très soigné. Les sentiers sont pavés, avec des rambardes en bois, et la balade reste agréable même sous la pluie. Et partout, des vaches.
Les mines de Buferrera
Sur le parcours, on croise les vestiges des mines de Buferrera : des rails, un wagonnet rouillé entre des murs de pierre, une ancienne excavation traversée par un chemin sur passerelles en bois. On y a extrait du manganèse et du fer de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1970 ; la mine a un temps appartenu à une compagnie anglaise.


L’aire de pique-nique sous les arbres et les rails de l’ancienne mine



Des sentiers pavés avec des rambardes


Les passerelles en bois au-dessus de l’excavation
Mirador del Príncipe
Le belvédère du Prince des Asturies, le Mirador del Príncipe, est une plateforme ronde en pierre au bord d’un à-pic, avec une plaque commémorative. En contrebas s’étend la vallée plate et verte de la Vega de Comeya, où l’on traitait autrefois le minerai des mines ; au-delà, des chaînes de montagnes, et par temps clair on voit la côte. Les nuages masquent la vue en quelques minutes, alors ne traînez pas.



La plateforme en pierre du belvédère et la plaque




La clôture le long du sentier vers le belvédère

Brouillard, vaches et chevaux
Même par beau temps, les lacs peuvent vite se couvrir de brouillard, et il vaut mieux s’y préparer. Le matin, on peut regarder la webcam du lac Enol (le lien se trouve sur le site officiel des bus pour les lacs, buslagoscovadonga.es) et la météo montagne de l’agence météorologique espagnole AEMET. Un coucher de soleil sur les lacs, c’est une vraie chance ; en septembre-octobre, mieux vaut ne pas y compter.


Voilà à quoi ressemble un nuage qui arrive sur les lacs en deux minutes
Les vaches sont partout : sur les sentiers, au bord de l’eau, sur la route. C’est une race de montagne locale, rousse, avec des cloches. L’été, les bergers montent les troupeaux vers les pâturages d’altitude, vivent dans des cabanes de pierre, les majadas, et fabriquent le fromage Gamonéu, qu’on affine dans des grottes, ici même, dans la montagne. Les vaches ne font pas attention aux gens, mais mieux vaut quand même les contourner largement.


Les pentes au-dessus des lacs et l’une des vaches du coin
Le lac Ercina
L’Ercina est le plus petit des deux lacs. On peut s’approcher tout près de l’eau : elle est peu profonde et transparente, des pierres bordent la rive, et par temps calme les rochers s’y reflètent. Des chevaux paissent dans la prairie voisine. Dans le brouillard, la rive opposée disparaît, et le lac paraît plus grand qu’il ne l’est.



Les rives de l’Ercina




Un cheval alezan à la crinière claire

Mirador Entrelagos
Entre les deux lacs se dresse la colline de la Picota, et à son sommet se trouve le belvédère Entrelagos, « entre les lacs ». C’est le seul endroit d’où l’on voit les deux lacs à la fois, et rien que pour ça, la montée vaut la peine. Depuis l’Ercina, un sentier pavé longé d’un muret de pierre mène au sommet en dix à quinze minutes. D’en haut, on voit l’Enol en entier, en contrebas, avec la boucle de la route le long de la rive, et des vaches qui paissent sur la pente.



Les deux lacs depuis la montée vers la Picota : à gauche l’Ercina, à droite l’Enol


Un taureau sur la pente

Le lac Enol
L’Enol est nettement plus grand que l’Ercina. Une route longe la rive, celle qu’emprunte le bus, et au bord de l’eau subsiste une ancienne cabane de berger. Autour poussent des aubépines, et des blocs de rocher parsèment l’herbe. Les vaches marchent en plein sur le sentier et ne cèdent pas le passage. Une tradition locale est liée à l’Enol : chaque année, le 8 septembre, on remonte du fond du lac une statue de la Vierge et on la porte en procession.


La cabane au bord de l’Enol et une vache sur le sentier



Des aubépines au bord du lac et une vache sur le sentier


La rive de l’Enol, de deux côtés




Lierre et aubépine au bord du sentier
La grande boucle PR-PNPE-2
Si la visibilité est bonne et que vous avez quatre heures devant vous, faites la grande boucle. Elle ajoute à la petite le Mirador del Príncipe, la prairie du Bricial avec le troisième lac, qui n’apparaît qu’après les pluies, la hêtraie de Palomberu et la prairie de la Vega de Enol avec la chapelle du Bon Pasteur et un refuge de montagne. Le sentier revient ensuite le long de l’Enol jusqu’au parking. Cela fait environ six kilomètres pour quelque cent trente mètres de dénivelé, et le sentier n’est pas difficile. Mais dans le brouillard, cela n’a aucun sens : on ne voit presque rien, alors que l’essentiel ici, ce sont les vues !
Billets pour les lacs : comment ça fonctionne
Les règles du plan d’accès changent chaque année, alors vérifiez avant de partir sur le site officiel buslagoscovadonga.es. En 2026, voici comment cela fonctionnait :
Billets et horaires du bus pour les lacs (2026)
- Période du plan d’accès : du 1er juin au 18 octobre (plus Pâques, les ponts de mai et certains jours d’automne). Pendant cette période, la route est fermée aux voitures particulières, on ne monte qu’en bus ou en taxi. Le sanctuaire de Covadonga reste accessible toute l’année
- Billet : aller-retour uniquement, 9 € adulte, 3,50 € enfant de moins de 12 ans, avec des horaires fixes de montée et de descente. Minimum 2 h 30 sur place
- Changer d’horaire : au plus tard 2 heures avant le départ. En cas de retard, il faut racheter un billet, s’il reste des places
- Lignes : le billet est lié à une ligne. Ligne 1 – depuis Cangas de Onís (gare routière, P1). Ligne 3 – depuis Covadonga (P5) et Muñigu (P3). Ligne 2 – depuis les parkings El Bosque et El Repelao
- Lanzadera Cangas – Covadonga : toutes les 30 minutes, gratuite avec le billet pour les lacs, 1,55 € sans. Sur alsa.es, on peut l’acheter comme un trajet ordinaire
- Horaires d’été (jusqu’au 30 septembre) : première montée 8 h 00, dernière 17 h 45, dernière descente 20 h 50
- À partir du 1er octobre : dernière montée 16 h 00, dernière descente 19 h 05
- Où acheter : buslagoscovadonga.es ou alsa.es. Les billets en ligne sont prioritaires ; sur place, on vend ce qui reste aux automates de la gare routière de Cangas et aux points de vente des parkings
- Parkings : 2 € la journée sur n’importe quel parking du plan
Le retour : un seul bus pour toutes les lignes
Le billet en ligne n’est vendu que pour une seule ligne. J’avais pris « de Covadonga vers les lacs », et pour le retour, le système ne proposait que la descente jusqu’à Covadonga. En pratique, il n’y avait qu’un seul bus pour toutes les lignes, et il m’a déposée à la gare routière de Cangas sans changement. Aucune garantie là-dessus : officiellement, le terminus de la ligne 3 est Muñigu, et en saison, les bus circulent apparemment séparément. En basse saison, il semble qu’un seul bus fasse le trajet. En montant, demandez au chauffeur où il va.
Si le bus ne va que jusqu’à Covadonga, la lanzadera rejoint Cangas toutes les demi-heures, et elle est gratuite avec le billet pour les lacs.
Cangas de Onís le soir : le pont, les quais et les sidrerías
Le soir, entre le bus des lacs et l’ALSA pour Oviedo, il reste une heure ou une heure et demie à Cangas. Regardez à l’avance l’horaire du bus du retour : si à l’arrivée vous n’avez pas eu le temps de voir le pont avant de partir vers les lacs, gardez-vous du temps pour lui au moins le soir. La ville est petite, tout est près de la gare routière. En plus du pont, la chapelle de la Santa Cruz vaut le coup d’œil : elle a été construite en 737 sur un dolmen, une ancienne sépulture en pierre, et on peut aujourd’hui voir le dolmen à l’intérieur. Et puis, il suffit de se promener le long du Sella – depuis le pont neuf, on voit à la fois le vieux pont et les montagnes en direction de Covadonga.


Le Sella à Cangas. Depuis le pont, on voit les terrasses des cafés au bord de l’eau



Le centre de Cangas près du pont. Le soir, les terrasses se remplissent
Pour dîner à Cangas, choisissez une sidrería. C’est un type d’établissement asturien où la boisson principale est le cidre naturel, sans bulles et non filtré – rien à voir avec le cidre bouché de Normandie. On le verse de la hauteur d’un bras levé : le jet se brise sur le bord du verre, le gaz carbonique issu de la fermentation se libère, et pendant quelques secondes le cidre devient légèrement pétillant, avec un goût plus doux et plus vif. C’est pourquoi on n’en verse qu’un fond, un ou deux doigts, et on le boit aussitôt. Côté cuisine, deux plats dominent. La fabada, un ragoût épais de haricots blancs au chorizo et au boudin noir. Le cachopo, une grande escalope de veau panée, farcie de jambon et de fromage ; une portion est prévue pour deux.
Où manger à Cangas de Onís
- El Polesu – sidrería à 250 mètres de la gare routière, fabada et cachopo
- La Marivuelta – sidrería-restaurant, menú del día (déjeuner de plusieurs plats) autour de 18 €, service rapide
- Llantares de Pelayo – menú autour de 22 €
- Cachopo – une portion pour deux, commandez-en un seul
Taxi
Si les horaires du bus ne vous conviennent pas, il y a les taxis :
- Taxi collectif pour les lacs. Tant que le plan d’accès est en vigueur, des taxis collectifs Taxitur partent de Covadonga : environ 12 € par personne aller-retour, sans réservation, départ dès que le taxi est plein, jusqu’à 19 h. Ils montent plus haut que le bus – jusqu’à l’Ercina
- Taxi classique Covadonga – Cangas (12 km) : Taxitur +34 985 84 87 97, Taxi Javi +34 608 25 68 98. Le soir, mieux vaut réserver à l’avance
Que prendre avec soi
- Plusieurs couches : là-haut, il fait 5 à 8 degrés de moins que dans la vallée. Fin septembre, je n’ai pas eu froid en haut
- Imperméable ou parapluie : indispensable. Aux lacs, la pluie fait partie de la journée
- Eau et en-cas : il y a un bar au parking, mais on y fait la queue
- Chaussures à semelles crantées : les sentiers sont pavés, mais après la pluie, les pierres glissent
- Liquide : 3 à 4 € pour la lanzadera, au cas où le chauffeur n’accepterait pas la carte
Infos pratiques
Infos pratiques
- Sanctuaire de Covadonga : basilique et Sainte Grotte gratuites, 8 h – 20 h. Musée environ 2,50 €
- GPS de la basilique : 43.3093, -5.0547
- GPS des lacs (parking de Buferrera) : 43.2753, -4.9853
- Depuis Oviedo : ALSA de la gare routière Pepe Cosmen jusqu’à Cangas de Onís, environ 1 h 35, environ 7 € l’aller simple. À peu près un départ par heure
- Cangas – Covadonga : lanzadera toutes les 30 minutes, 20 minutes de trajet, 1,55 € ou gratuite avec le billet pour les lacs
- Covadonga – lacs : bus du plan d’accès, environ 30 minutes, billet 9 € aller-retour
- Combien de temps : sanctuaire 1 h – 1 h 30, lacs 2 h 30 (petite boucle) ou 4 h (grande boucle), Cangas 1 h – 1 h 30
- Centre d’accueil des lacs : 10 h – 17 h 30, gratuit
- Sites officiels : buslagoscovadonga.es, alsa.es
- Arrêt pour les lacs à Covadonga : P5 El Peregrino
Conseil : les horaires, les prix et les dates du plan d’accès changent chaque année. Avant de partir, vérifiez les informations à jour sur buslagoscovadonga.es et alsa.es, et le matin, jetez un œil à la webcam de l’Enol et à la météo montagne de l’AEMET.
Faut-il y aller sans voiture ?
Oui, et en saison, c’est même la seule option. Depuis Oviedo, cela fait une journée tranquille : le sanctuaire le matin, les lacs à midi, le cidre à Cangas le soir et le bus du retour. L’essentiel est de ne pas se tromper d’arrêt à Covadonga et de ne pas rater le bus qui redescend des lacs.
Je n’ai pas vraiment eu de chance avec la météo : il s’est mis à pleuvoir là-haut, et les nuages cachaient sans cesse les montagnes. Mais le voyage m’a quand même plu : le parc est soigné, il y a peu de monde, des vaches partout. La prochaine fois, je veux faire la grande boucle, par une journée claire cette fois.
FAQ
En bus ALSA de la gare routière d'Oviedo jusqu'à Cangas de Onís (environ 1 h 35), puis en lanzadera jusqu'à Covadonga (20 minutes) et en bus du plan d'accès jusqu'aux lacs (environ 30 minutes). Tous les billets, sauf l'ALSA, s'achètent sur buslagoscovadonga.es. La journée complète sans voiture prend environ 10 à 11 heures.
Du 1er juin au 18 octobre et les jours fériés, la route des lacs est fermée aux voitures particulières. Pendant cette période, le plan d'accès s'applique : on ne monte qu'avec les bus qui partent des parkings de Cangas, de Covadonga et de Muñigu, ou en taxi. En dehors de ces dates, on peut monter en voiture.
Le billet aller-retour coûte 9 € pour un adulte et 3,50 € pour un enfant de moins de 12 ans. La lanzadera Cangas – Covadonga est incluse dans ce billet ; seule, elle coûte 1,55 €. Le stationnement sur n'importe quel parking du plan coûte 2 € la journée.
Pas de la basilique, où la lanzadera vous dépose, mais du parking El Peregrino (P5), plus bas sur la route, où se trouve une plaque alsa. Depuis la basilique, comptez 5 à 10 minutes de marche en descente. Le billet est lié à un horaire, mieux vaut donc descendre en avance.
Le billet impose au minimum 2 h 30 sur place, et cela suffit pour la petite boucle : les mines, le lac Ercina, le Mirador Entrelagos et le lac Enol. Pour la grande boucle PR-PNPE-2, avec la prairie du Bricial et la hêtraie, comptez environ 4 heures.
La meilleure visibilité, c'est par temps clair, de mai à octobre, mais le brouillard et les nuages peuvent arriver en toute saison. Le matin, consultez la webcam du lac Enol et la météo montagne de l'AEMET. En juillet-août, les billets de bus partent plusieurs jours à l'avance ; en septembre, en semaine, on les achète facilement le jour même.
Le sanctuaire : la basilique néo-romane en calcaire rose, la Sainte Grotte avec la statue de la Santina et le tombeau de Pelayo, la fontaine aux sept jets et le bassin sous la grotte. Comptez 1 h à 1 h 30 pour l'ensemble. À Cangas de Onís, allez voir le pont médiéval à la Croix de la Victoire et la chapelle de la Santa Cruz, bâtie sur un dolmen.