Ogoh-Ogoh à Bali : la parade des monstres avant Nyepi — guide
Une fois par an, la nuit qui précède le nouvel an balinais, toute l’île descend dans la rue avec des démons géants en bambou et papier mâché. J’ai passé cette journée sur la route entre Ubud et Denpasar — et c’est l’un des festivals les plus intenses que j’ai vus en Asie.

Qu’est-ce que l’Ogoh-Ogoh — la nuit des monstres avant le jour du silence
Comprendre une culture étrangère sans immersion profonde ni longue vie à ses côtés est toujours difficile. C’est comme écouter une chanson dans une langue inconnue : la mélodie vous emporte et vous remplit d’émotion, les paroles s’y tissent comme un instrument de plus — mais le sens vous échappe, et il s’avère souvent bien différent de ce qu’on imagine en se fiant à la seule sonorité. Et pourtant, parfois, c’est justement la sonorité qui compte plus que les mots. L’Ogoh-Ogoh, pour moi, c’est exactement ce cas. Cette fête, on peut l’« entendre » sans traduction : à travers la frénésie qui s’embrase la nuit de la parade ; à travers des mois de travail minutieux et l’effort collectif de tout un quartier, des artisans jusqu’aux enfants ; à travers cet élan commun qui rassemble les gens autour de leur monstre ; à travers un symbolisme compréhensible sans la moindre connaissance de l’hindouisme. Un seul regard sur la figure devant soi suffit.
Les Ogoh-Ogoh, ce sont des effigies géantes de démons que les Balinais construisent pendant des mois, puis portent dans les rues le temps d’une seule nuit. La parade a lieu la veille de Nyepi, le nouvel an balinais selon le calendrier lunaire Saka. La soirée elle-même s’appelle Pengerupukan, et c’est là tout le contraste de cette fête : une nuit de vacarme, de feu et de foules — et le lendemain matin, l’île se fige complètement pendant 24 heures. Même l’aéroport ferme.
Les figures représentent les Bhuta Kala — les forces négatives et les vices humains dans l’hindouisme balinais : l’avidité, la colère, l’envie. Le sens du rituel est simple : donner à tout le mal une forme visible, le promener dans les rues pour que les mauvais esprits s’installent dans les figures — puis tout brûler. L’île entre dans la nouvelle année purifiée.
Fait intéressant, la tradition sous cette forme est assez jeune. La construction massive d’ogoh-ogoh n’a commencé que dans les années 1980, quand le gouverneur de Bali, Ida Bagus Mantra, a fait de la parade une partie officielle des cérémonies du nouvel an. En quarante ans, c’est devenu l’événement de l’année pour la jeunesse balinaise — quelque chose entre le carnaval, Halloween et un concours artistique. Si vous connaissez le carnaval de Nice, la parallèle est frappante : les mêmes figures géantes construites pendant des mois, et à la fin, le roi du carnaval qu’on brûle — les Balinais font exactement pareil avec leurs démons.


Quand a lieu la parade : les dates jusqu’en 2029
Nyepi suit le calendrier lunaire Saka, la date change donc chaque année — généralement en mars. La parade des Ogoh-Ogoh a toujours lieu la veille au soir.
- 2026 : parade le 18 mars, Nyepi le 19 mars (année 1948 du calendrier Saka)
- 2027 : parade le 7 mars, Nyepi le 8 mars
- 2028 : parade le 25 mars, Nyepi le 26 mars
- 2029 : parade le 14 mars, Nyepi le 15 mars
Les défilés commencent vers 18 h – 19 h et durent jusqu’à minuit. Mais toute la journée qui précède fait aussi partie de la fête : les figures sont exposées dans les rues dès le matin, et dans l’après-midi commencent les processions des enfants et des villages.
Nyepi commence à 6 h du matin et dure exactement 24 heures. Les règles principales : ne pas sortir de son hôtel ou de sa villa, ne pas faire de bruit et ne pas allumer de lumière vive — elles s’appliquent aussi aux touristes. L’aéroport de Denpasar ferme complètement. Le réseau mobile peut être limité, mais le wifi devrait fonctionner — vérifiez auprès de votre hôtel avant d’arriver.
Comment on fabrique les monstres
À l’intérieur de chaque figure se trouve une armature de bambou et de rotin, ligaturée dans la forme du futur monstre. On la recouvre ensuite de couches de papier selon le principe du papier mâché, puis on enduit, on peint et on habille. Les cheveux sont faits de fibres végétales teintes, de tissu et de plumes. La peau des meilleures figures est travaillée jusqu’aux rides et aux veines — de près, on voit que c’est un travail manuel digne d’un atelier de décors de théâtre.
Dans les années 2010, beaucoup sont passés au polystyrène — plus facile à sculpter. Mais depuis 2015, les autorités de Bali l’ont interdit dans les ogoh-ogoh de concours : sa combustion est toxique, alors que la fête, dans son essence, parle de purification. Aujourd’hui, le bambou, le papier et les matériaux naturels sont donc de retour.


Les détails de près : la peau avec ses rides et ses plis — du papier mâché multicouche ; les couronnes et les ornements — sculpture et dorure
Ce sont les jeunes de chaque banjar — la communauté de quartier, l’unité de base de la vie balinaise — qui construisent les figures. Ces associations de jeunesse s’appellent « sekaa teruna », et pour elles, l’ogoh-ogoh est une question de prestige : tout le voisinage discute de qui a le monstre le plus impressionnant. Le travail prend de un à cinq mois, et l’argent est collecté par toute la communauté. Au fond, ces mois de travail commun font déjà partie de la fête : la parade n’en est que le final.

Les dernières retouches se font le jour même de la parade : on rafraîchit la peinture, on arrange les cheveux, on fixe les ornements. Des échelles et des échafaudages sont dressés contre les figures — impossible autrement d’atteindre la tête d’un monstre de cinq mètres.


Le matin avant la parade : échelles, échafaudages et derniers ajustements
L’ampleur de la compétition est sérieuse : rien qu’à Denpasar, en 2026, 223 figures ont été inscrites au concours de la ville, dont 16 sélectionnées pour le festival final de Kasanga (Kasanga Festival) près de la statue de Catur Muka. Le prix : 50 millions de roupies (environ 2 800 €) pour la première place, et chaque finaliste reçoit en plus 30 millions (environ 1 700 €) pour la construction.

Qui représentent-ils : dieux, démons et héros de contes
Les grands classiques, ce sont les personnages de la mythologie balinaise. Rangda, la reine des sorcières leyak, avec ses crocs, ses yeux exorbités et sa langue pendante. Les rakshasas — ogres géants du « Ramayana ». Les nagas, les guerriers-singes et Garuda — l’oiseau mythique auquel Bali a dédié la plus haute statue d’Indonésie. Presque toutes les figures sont figées dans des poses dynamiques : un saut, un élan, une attaque — alors qu’à l’intérieur il n’y a que du bambou et du papier, et que la structure pèse des centaines de kilos.

Derrière la plupart des figures se cache une histoire précise, pas une simple fantaisie d’artisan : l’équipe choisit son thème avant même de commencer la construction, et dans les concours, le jury évalue non seulement l’exécution, mais aussi la philosophie de l’œuvre. Pour ressentir la fête, connaître ces récits n’est pas indispensable — mais quand on les connaît, le spectacle devient plus fascinant. On croise aussi des dieux. La figure aux bras multiples, armée d’un trident et d’un arc, en équilibre sur une jambe au-dessus d’un adversaire terrassé à tête de buffle — c’est Durga vainquant le démon Mahishasura : l’un des grands récits hindous de la victoire sur le mal, représenté de l’Inde jusqu’à Java bien avant l’apparition des ogoh-ogoh.

L’autre grande source, ce sont les contes. Les Balinais ont grandi avec les récits de Tantri, la version locale du « Panchatantra » indien, et les héros de ces fables deviennent régulièrement des ogoh-ogoh. La scène du crocodile et du singe blanc — celle en couverture de cet article — en fait justement partie : dans le conte, le crocodile a l’air redoutable, mais le singe le déjoue par la ruse.
Le sanglier rose aux piquants de porc-épic, c’est très probablement Bawi Srenggi, le démon-sanglier du mythe balinais. Selon la légende, ce gardien céleste courtisait Dewi Sri, la déesse du riz ; maudit, il fut transformé en sanglier ravageur de rizières. Quant au géant coiffé d’un crapaud, il renvoie au conte de Godogan — la grenouille magique née par la bénédiction de Shiva : à la fin de l’histoire, elle se transforme en prince. Les ogoh-ogoh de grenouilles ne sont pas une blague, mais un thème respecté : une figure inspirée de ce conte a remporté le concours de tout le district de Badung en 2025.


Un genre à part : la satire. Pour les Balinais, les vices humains sont aussi des bhuta kala, des forces mauvaises, simplement sous apparence humaine. Le grand-père bedonnant, avachi dans son fauteuil, yeux révulsés et langue pendante, est une caricature de la paresse et de l’ivresse. Le sujet le plus inattendu que j’ai vu : un démon à six bras, des nagas sur les épaules, fondant sur un surfeur au sommet d’une vague — l’océan déchaîné contre l’homme, un thème très balinais sous sa forme la plus contemporaine.





La veille au matin : les villages sortent leurs monstres
Si vous arrivez dans n’importe quel village le matin qui précède Nyepi, les ogoh-ogoh trônent déjà aux carrefours et devant les temples — sur les grilles de perches en bambou qui serviront à les porter le soir. Autour, on peaufine les détails, on dispose les offrandes, les femmes apportent des paniers de fruits. C’est le moment tranquille pour observer les figures de près et sans la foule.


Dans les cours des temples, les figures s’alignent par groupes entiers — chacune a sa propre grille en bambou pour le portage


Le matin avant la parade : les figures sont déjà sur leurs brancards en bambou. Le tissu à damier noir et blanc, le poleng, symbolise l’équilibre entre le bien et le mal




D’Ubud à Denpasar : des processions dans chaque village
Je logeais à Ubud, mais pour la grande parade du soir, j’ai décidé d’aller à Denpasar — et ce trajet s’est révélé aussi passionnant que la parade elle-même. Nous sommes partis vers 17 h, et dès la sortie d’Ubud, les rues étaient chargées de l’attente de quelque chose de grandiose. Le long des routes se dressaient çà et là d’immenses figures de monstres — celles qu’on avait cachées pendant des mois dans les temples et derrière des rideaux sombres, et qu’on exposait enfin au grand jour. Par endroits, on les sortait déjà et on les installait sur leurs plateformes pour les porter vers les rues principales de leurs quartiers. La musique jouait de partout, les équipes se reposaient avant la parade.
La route d’Ubud vers Denpasar traverse un chapelet de villages — Mas, Batuan, Sukawati, Celuk, Batubulan — et dans l’après-midi, chacun d’eux organise sa propre procession. J’étais en scooter et je m’arrêtais toutes les dix minutes : à un virage, des enfants portent un petit démon ; au suivant, des adultes manœuvrent un géant de cinq mètres sous les câbles électriques.
Cela dit, il n’est pas obligatoire d’aller où que ce soit. Ubud a sa propre grande parade : les cortèges des banjars environnants convergent vers le palais royal Puri Saren Agung au centre-ville, et les figures d’Ubud comptent parmi les plus raffinées de l’île — c’est tout de même la capitale artistique de Bali. Si vous logez à Ubud, sortez simplement le soir sur la rue principale. J’ai choisi Denpasar pour l’ampleur, mais en chemin, j’ai vu Ubud et les villages se préparer — j’ai ainsi pu découvrir la fête sous tous ses formats en une seule journée.
Les figures dépassent souvent les lignes électriques, alors en tête de procession marche un homme muni d’une longue perche en bambou terminée par une fourche — elle sert à soulever les câbles affaissés pour que le monstre passe dessous. Parfois, on incline la figure, ou toute l’équipe s’accroupit d’un même mouvement. On fait ainsi dans toute l’île — dans les villages comme au centre de Denpasar.


La perche en bambou fourchue — on soulève avec elle les câbles au-dessus de la route pendant que les porteurs font passer la figure
Les processions d’enfants sont un plaisir à part. Les enfants ont leurs propres ogoh-ogoh, plus petits et plus simples, mais ils les portent dans les règles de l’art : sur des brancards en bambou, avec des cris et le plus grand sérieux. Les parents marchent à côté.


Les processions d’enfants commencent avant celles des adultes, encore en plein jour. Les figures sont plus petites, mais l’enthousiasme, lui, ne l’est pas
Si vous faites la route d’Ubud à Denpasar par vos propres moyens, je vous conseille de passer par la route Jl. Raya Sibanggede — elle traverse les villages du district d’Abiansemal. En chemin, vous croiserez une multitude de figures et de mini-parades locales. Cela dit, quel que soit votre itinéraire, vous ne resterez pas sans ogoh-ogoh : cette nuit-là, plus d’un millier de processions se déroulent simultanément dans tout Bali — chaque banjar organise la sienne.
La route Jl. Raya Sibanggede à travers Abiansemal — l’itinéraire recommandé d’Ubud à Denpasar le jour de la parade
La nuit à Denpasar : la grande parade
Le soir venu, nous avons atteint le centre de Denpasar — le carrefour de la statue de Catur Muka, près de la place Puputan. C’est la « tribune » principale de l’île : les meilleures figures de la ville défilent ici. Chaque figure est portée par une équipe de plusieurs dizaines de personnes, accompagnée d’un orchestre beleganjur — tambours et cymbales au rythme desquels les porteurs balancent et font tournoyer les monstres.
Le parcours est organisé ainsi : les figures arrivent par la rue Jl. Gajah Mada, puis la rue Jl. Veteran s’y ajoute — c’est de là que sortaient les figures les plus spectaculaires. Toutes font des tours autour de la statue de Catur Muka, puis, après quelques rotations, repartent par la rue Jl. Udayana et se dispersent dans les autres rues de la ville. Derrière les figures, un flot humain avance le long de ces rues — et on peut simplement s’y fondre : suivre les monstres et contourner avec eux la statue du carrefour.

Avec les horaires, Bali reste très souple : en 2026, le début était annoncé à 19 h, mais les cortèges ne se sont réellement ébranlés que vers 20 h. Il vaut quand même la peine d’arriver pour 19 h ou plus tôt — il y a énormément de monde, et les meilleures places au bord de la route partent vite. Les plus déterminés s’assoient directement près de la statue : c’est autour d’elle qu’on porte les figures, l’épicentre de tout ce qui se passe. Le long des rues, des stands et des échoppes vendent de quoi grignoter, de l’eau et des boissons.
Après le début, les figures sont amenées au rond-point une par une, et les premières heures, tout se déroule sans hâte. Environ une heure plus tard, vers 21 h, les figures les plus grandes et les plus puissantes commencent à arriver par la rue Veteran. Avec elles entrent des processions aux gongs et tambours balinais, la musique retentit, quelqu’un allume des fumigènes — et l’action devient de plus en plus frénétique. On fait tournoyer les figures sur elles-mêmes, les équipes de porteurs tantôt s’élancent en accélérant, tantôt semblent se livrer bataille, manquant de faire s’entrechoquer les monstres. Tout cela se voit de n’importe quel point d’où l’on aperçoit le carrefour principal. Mais attention : à cette heure-là, la foule grossit encore — au public immobile s’ajoute le flot qui suit les figures. Restez prudents, dans une telle masse il peut y avoir des bousculades.
À chaque carrefour, on fait tourner la figure trois fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre — on dit que cela désoriente les mauvais esprits, pour qu’ils perdent le chemin des maisons. L’énorme structure penche au-dessus de la foule, tout le monde crie, puis — une explosion d’applaudissements.


Des compositions à plusieurs figures : des combats de dieux et de démons juste au-dessus des têtes des spectateurs



Rangda et le fantôme voilé. Éclairages et machines à fumée — l’équipement standard des grandes équipes


Les figures se figent en plein saut ou en plein élan — alors qu’à l’intérieur, il n’y a que du bambou et du papier mâché


Le guerrier à tête de coq tient une lame géante rappelant le taji — l’éperon des combats de coqs. À côté, le géant argenté avec son numéro de concours


Le démon à tête de sanglier — et son voisin aux yeux illuminés de rouge


Le démon chauve à la lanterne et le monstre-tigre aux tentacules orange



L’ambiance, pourtant, n’a rien d’effrayant — elle est festive : des familles avec des enfants sur les épaules, des vendeurs de boissons et de sate qui se faufilent dans la foule, tout le monde filme avec son téléphone. C’est la nuit où toute la ville est dehors.

Que deviennent les monstres après la parade
Tout cela dure longtemps : à Denpasar, la parade se poursuit environ jusqu’à 23 h et peut facilement s’éterniser. Et voici un point important dont peu de gens vous préviennent : quitter le centre est compliqué. Si vous êtes en scooter et comptez rentrer, par exemple, à Ubud — la moitié des rues de Denpasar sera fermée, et vous croiserez des processions partout, pas seulement sur le rond-point principal. La rue en direction d’Ubud est elle aussi fermée après les festivités, il faudra faire un détour.
Avec le taxi, c’est encore plus difficile : je déconseille fortement de venir à Denpasar en taxi, sauf si vous vous êtes arrangé à l’avance avec un chauffeur précis qui viendra vous chercher. Commander simplement une voiture après la parade ne fonctionnera pas — toutes les routes du centre sont fermées, et aucun véhicule ne peut y accéder. Le plan raisonnable : un hôtel à Denpasar pour deux nuits. N’oubliez pas que le lendemain, c’est Nyepi : vous le passerez à l’hôtel, rien ne fonctionnera, pas même la livraison de repas — faites donc vos provisions à l’avance. D’après mes observations, le jour même de l’Ogoh-Ogoh, les principaux supermarchés étaient ouverts jusqu’au soir, et la nuit, même certains Indomaret — ces supérettes de chaîne qu’on trouve à chaque coin de rue — restaient ouverts. Donc si vous avez oublié quelque chose, vous aurez une chance de vous rattraper. Mais pour Nyepi, n’y comptez pas : tout sera fermé.
Selon la tradition, les ogoh-ogoh sont brûlés après la procession — le plus souvent au cimetière du village ou sur un terrain vague. Le feu détruit tout le négatif que les figures ont « collecté » pendant la soirée. Exactement comme le roi du carnaval de Nice qu’on brûle à la clôture — sauf qu’ici, c’est toute une île de démons qui part en fumée la même nuit. En pratique, on ne les brûle pas tous : les figures les plus réussies font trop de peine, on les conserve dans les salles communales, on les expose aux concours ou on les vend. À Denpasar, les meilleures œuvres de l’année sont présentées au festival de Kasanga, avant Nyepi.
Vous avez raté la parade ? Il y a le festival du parc GWK
Si vos dates ne coïncident pas avec Nyepi, il reste une chance de voir des ogoh-ogoh. Le parc culturel GWK (Garuda Wisnu Kencana) — celui de la statue de Garuda et Vishnou haute de 121 mètres — organise après Nyepi son propre festival Ogoh-Ogoh : des équipes de jeunes venues de toute l’île y apportent leurs figures, les portent au son du gamelan dans l’enceinte du parc et concourent pour des prix. En 2026, le festival a eu lieu fin mars et a rassemblé des milliers de participants, et les meilleures figures sont restées exposées dans le parc plusieurs semaines encore. Tout sur le parc lui-même — dans l’article dédié au GWK.
La parade elle-même se situe au milieu de toute une semaine de fête : trois ou quatre jours avant Nyepi, les Balinais célèbrent Melasti, la cérémonie de purification au bord de la mer, où l’on porte les objets sacrés des temples. Les monstres au bord des routes ne sont donc pas la seule chose que vous verrez en venant à ces dates.
Et à six heures du matin, l’île s’éteint. Nyepi, ce sont 24 heures de silence total : routes désertes et aéroport fermé. L’essentiel pour un voyageur : ne pas sortir de son hôtel ou de sa villa, ne pas faire de bruit et ne pas allumer de lumière vive ; ne prévoyez aucune excursion ce jour-là. Le réseau mobile peut être limité, mais le wifi devrait fonctionner — vérifiez auprès de votre hôtel ou de votre villa avant d’arriver. Le respect des règles est surveillé par les pecalang — la garde traditionnelle des villages, en sarongs à damier. Après le coucher du soleil, l’île éteint ses lumières — et au-dessus de Bali s’ouvre un ciel étoilé comme on n’en voit jamais le reste de l’année.
Le lendemain matin, c’est Ngembak Geni, le « retour du feu » : les Balinais se rendent visite et se demandent pardon pour les vieilles rancunes. La nouvelle année commence.
Informations pratiques
Informations pratiques
- Quoi : la parade des Ogoh-Ogoh (Pengerupukan) — la veille du nouvel an balinais
- Quand : 2027 — le 7 mars, 2028 — le 25 mars, 2029 — le 14 mars ; défilés d’environ 18 h à minuit, processions de village et d’enfants dès midi
- Le point central à Denpasar : le carrefour de Catur Muka près de la place Puputan (GPS : -8.6563, 115.2166), à côté du Musée de Bali
- Ubud : les cortèges convergent vers le palais royal Puri Saren Agung et le terrain de football du centre
- Entrée : gratuite — c’est une fête de rue, pas un spectacle à billets
- Comment s’y rendre : uniquement en avance — dès 16 h – 17 h, les rues des centres sont déjà fermées ; le scooter est plus pratique que la voiture
- Où loger : réservez votre hôtel à l’avance et pour deux nuits minimum — le lendemain (Nyepi), tout déplacement sur l’île est interdit
- Aéroport : le jour de Nyepi, il est totalement fermé, aucun vol — vérifiez les dates de vos billets
Conseils
- Prévoyez deux jours. La parade n’est que la moitié de l’expérience. Nyepi, le lendemain, en est l’autre moitié : faites des provisions et ne prévoyez pas de sortir de l’hôtel. Internet peut être limité — renseignez-vous auprès de l’hôtel à l’avance.
- Commencez la journée sur la route depuis Ubud. L’après-midi — les processions de village et d’enfants à Mas, Batuan, Sukawati ; le soir — la grande parade à Denpasar ou à Ubud.
- Prenez place en avance. À Denpasar, près de Catur Muka, les meilleurs points de vue sont pris dès 16 h – 17 h. Après 18 h, les routes du centre sont impraticables.
- Emportez de l’eau et du liquide. La street food et les boissons se vendent toute la nuit, mais la carte bancaire n’a pas cours.
- Les enfants — oui. Les Balinais viennent en famille, les monstres émerveillent plus qu’ils n’effraient. Mais protégez vos oreilles : les orchestres jouent fort.
- Tenue habituelle. Pas besoin de sarong — c’est une fête de rue, pas une cérémonie de temple. Respectez les processions : ne traversez pas devant les porteurs.
En guise de conclusion
Je ne connais toujours pas l’hindouisme assez bien pour lire chaque figure comme un Balinais. Mais la nuit de la parade, cela ne gênait ni moi ni les milliers de gens autour : cette musique, on la comprend sans paroles. L’Ogoh-Ogoh est un cas rare où le plus grand événement de l’année sur l’île ne cherche pas la recette du guichet — les communautés le créent pour elles-mêmes : des mois de travail pour une seule nuit et un bûcher en finale. Si vous pouvez planifier votre voyage à Bali à ces dates — je vous le recommande vivement : ce sera peut-être l’événement le plus marquant de votre année.
Le soir du 7 mars 2027, la veille de Nyepi (le 8 mars). Les défilés commencent vers 18 h et durent jusqu’à minuit ; les processions de village et d’enfants démarrent dès le milieu de journée. En 2028, la parade aura lieu le 25 mars, en 2029 — le 14 mars.
La parade la plus grandiose se tient à Denpasar, au carrefour de Catur Muka près de la place Puputan — les meilleures figures de la ville y défilent. À Ubud, les cortèges convergent vers le palais royal. Dans la journée, cela vaut la peine de traverser les villages entre Ubud et Denpasar — Mas, Batuan, Sukawati : chaque village a sa propre procession.
Rien du tout — c’est une fête populaire de rue, pas un événement à billets. Vous n’aurez besoin d’argent que pour la street food et les boissons ; prenez du liquide.
Oui, les touristes sont nombreux à la parade, et les habitants les accueillent avec bienveillance. Pas de règles particulières : tenue ordinaire, respect des processions. En revanche, le lendemain, pendant Nyepi, il est interdit à tous de sortir de l’hôtel, touristes compris.
Nyepi est le nouvel an balinais : 24 heures de silence total juste après la parade. Aéroport fermé, routes désertes, interdiction de quitter l’hôtel ; le réseau mobile peut être limité, mais le wifi des hôtels fonctionne en général. Planifiez vos vols pour éviter ce jour-là et réservez votre hôtel pour deux nuits minimum.
Une armature de bambou et de rotin est recouverte de papier selon le principe du papier mâché, puis enduite, peinte et habillée. Le polystyrène est interdit dans les concours depuis 2015 — sa combustion est toxique. L’équipe du quartier construit sa figure en un à cinq mois.
Selon la tradition, oui : après la procession, les figures sont brûlées pour détruire le négatif qu’elles ont collecté. En pratique, les meilleures œuvres sont souvent conservées — exposées aux concours ou gardées dans les salles communales jusqu’à l’année suivante.