Datça, Turquie — Excursion d’une journée depuis Marmaris : vieille ville, plages et coucher de soleil

« Si tu es pressé, qu’est-ce que tu fais à Datça ? » — voilà ce que demande un escargot peint sur un mur de la vieille ville. Nous sommes parties sur la péninsule en scooter depuis Marmaris pour la journée : le matin — ruelles de pierre, boutiques et chats ; l’après-midi — plages sauvages le long des lacets du littoral ; le soir — coucher de soleil sur les galets. Je vous raconte l’itinéraire.

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L’ancienne mosquée de Datça — presque entièrement cachée derrière les bougainvilliers. On n’aperçoit que le minaret

Pourquoi Datça — et pourquoi en scooter

Datça se trouve à 75 km de Marmaris, soit environ une heure et demie de routes sinueuses à travers les montagnes. On peut y aller en voiture ou en dolmuş (minibus local, départ de la gare routière). Mais je recommande le scooter, et voici pourquoi : la moitié du plaisir, c’est la route elle-même. En scooter, les virages en lacets procurent des sensations bien différentes de celles d’une voiture. Et ensuite, sur la péninsule, c’est pratique pour accéder aux plages que le dolmuş ne dessert pas.

Un scooter à Marmaris coûte à partir de 800-1000 TL par jour (environ 25-30 €), permis A requis. Il y a des stations-service en chemin, un plein suffit pour l’aller-retour.

Depuis Paris, des vols directs desservent Dalaman (environ 3h30). De là, comptez 90 km jusqu’à Marmaris. Les citoyens de l’UE n’ont pas besoin de visa pour des séjours de moins de 90 jours.

La vieille ville de Datça (Eski Datça)

La vieille ville (Eski Datça) est un quartier à part, à quelques kilomètres du centre. Il y a vingt ans, c’était un village presque abandonné. Aujourd’hui, les maisons ont été restaurées, des hôtels-boutiques, des ateliers et des cafés ont ouvert. Mais sans excès — le calme règne toujours, les chats se promènent dans les ruelles, et les bougainvilliers débordent de chaque coin de mur.

En route vers la vieille ville, je vous recommande un arrêt — voici les coordonnées. Quand nous y étions, c’était fermé, mais si vous avez la chance de trouver ouvert — entrez. Il y a de belles portes anciennes et une jolie cour intérieure.

Ruelle de la vieille ville de Datça avec un palmier et des maisons en pierre
Eski Datça en juin

À Eski Datça a vécu et repose le poète turc Can Yücel — une figure comparable à Bukowski pour l’Amérique, un poète rebelle à la langue acérée. Sa maison se trouve dans l’une des ruelles, et au café « Orhan’ın Yeri », un coin est dédié à ses photos et ses poèmes.

Cour intérieure de la vieille ville avec bougainvilliers et murs blancs
En semaine, en journée — presque personne

Portes et détails

Les portes ici sont toutes différentes. Certaines sont d’origine, en bois ancien, avec des heurtoirs en fer forgé. D’autres sont fraîchement restaurées, peintes en turquoise ou en vert, avec des volets.

Ancienne porte en bois avec heurtoirs en fer forgé à Datça
La quincaillerie d’origine — pas du neuf

Chaque maison est restaurée à sa façon

Vieille maison en pierre avec un atelier à Datça
Ici, quelqu’un vit et travaille — ce n’est pas un musée, c’est une vraie maison

La mosquée dans les bougainvilliers

Dans la vieille ville, il y a une petite mosquée qu’on ne remarque pas tout de suite en été — les bougainvilliers roses la recouvrent presque entièrement. Seul le minaret dépasse.

La même mosquée vue sous différents angles

Fleurs

Si vous venez en juin, tout est en fleurs. Les bougainvilliers enveloppent une maison sur deux, entre les pierres pousse la bignone (fleurs orange en forme de trompette), et dans les cours — des pots de jasmin.

Les rouges, ce ne sont pas des bougainvilliers, c’est de la bignone. Ça pousse ici sur chaque clôture

Cour fleurie avec bougainvilliers et porte en bois dans la vieille ville
La cour de quelqu’un, ouverte sur la rue

Chats et chiens

Les chats sont partout ici. Ils se prélassent à l’ombre, posent, ne bougent pas — même quand on s’approche tout près.

Chat tacheté se reposant contre un mur en pierre à Datça
Il est là, il vous regarde, il n’a aucune intention de bouger

Les habitants à quatre pattes — à poils longs et courts

Boutiques et souvenirs : amandes, miel, huile d’olive

Datça, c’est l’amande. La péninsule en est couverte, et chaque boutique vend de la pâte d’amande, de l’huile, des douceurs. On trouve aussi de l’huile d’olive locale, des confitures maison de figues et d’agrumes, des limonades et du savon artisanal.

Sur la place de la vieille ville, il y a la boutique « Elif’in El Sanatları » — bijoux en coquillages, magnets, objets artisanaux. Juste à côté — le café « Badem » (badem en turc signifie amande, évidemment).

Boutique Elif'in El Sanatlari avec porte bleue et souvenirs à Datça
La boutique Elif — entrez, même si vous ne comptez rien acheter
Magnets souvenirs et coquillages sur la place du marché de Datça
La place au centre d’Eski Datça — c’est aussi là que se trouve le café Badem

Google Maps

Je vous recommande d’entrer dans l’une des épiceries locales pour goûter les confitures et limonades du coin. Les bouteilles de limonade maison coûtent 50-100 TL (environ 1,50-3 €), un pot de confiture — à partir de 80 TL (environ 2,50 €).

Étagères avec confitures maison et limonades dans une boutique de Datça
Tout est local, les prix sont affichés
Table avec fleurs et miel dans une boutique de souvenirs
On y vend aussi du miel d’un rucher local

Un bon souvenir — de l’huile d’olive ou du savon artisanal

Street art et ateliers

La fresque la plus célèbre de Datça — un escargot avec l’inscription « Acelen varsa, ne işin var Datça’da » (« Si tu es pressé, qu’est-ce que tu fais à Datça ? »). Elle est peinte sur le mur du café « Tek Buçuk », juste à côté — la pâtisserie-glacier « Tekin Usta Dondurma Pakize » (les glaces y sont délicieuses, au passage).

Célèbre fresque de l'escargot avec inscription à Datça
« Acelen varsa, ne işin var Datça’da » — la devise officieuse de la ville

Dans la rue voisine — une fresque d’olivier et des ateliers d’artistes.

Fresque d'un olivier sur le mur d'une maison à Datça
L’olivier sur le mur — c’est l’arbre roi ici
Bâtiment en pierre Atelye avec porte verte et petite table à Datça
Atelye — un atelier avec une porte peinte et une petite table en terrasse

La route le long du littoral : montagnes, plages et criques

Après la vieille ville, nous avons repris le scooter pour continuer sur la péninsule en direction des plages. La route serpente dans les montagnes, en contrebas — la mer et les criques. Tous les quelques kilomètres, un embranchement mène à une plage.

Route sinueuse en montagne avec vue sur la mer, péninsule de Datça
La voilà, la route — en bas
Panorama des montagnes et collines de la péninsule de Datça
La mer est quelque part là-bas, derrière les collines
Vache se reposant sous les arbres sur la péninsule de Datça
Entre les plages — voilà le genre de tableau

Les plages sont variées : certaines ont des transats et un café, d’autres sont totalement désertes. L’eau est cristalline, le fond est fait de galets et de rochers — les chaussures aquatiques seront bien utiles.

Côte rocheuse avec vagues sur le littoral de Datça
Les chaussures aquatiques sont indispensables ici
Crique aux eaux turquoise avec plage sur la péninsule de Datça
L’une des criques — on y descend directement depuis la route
Herbe dorée et sèche sur fond de ciel, péninsule de Datça
En juin, l’herbe est déjà sèche

Informations pratiques

  • GPS des plages : 36.7368, 27.5496
  • Eau : emportez la vôtre, il n’y a pas de commerces sur les plages sauvages
  • Chaussures : chaussures aquatiques — l’entrée dans l’eau est rocailleuse

Notre itinéraire plages

Voici la carte de notre parcours le long du littoral — vous pouvez l’utiliser comme itinéraire tout prêt :

Coucher de soleil sur le littoral

Nous avons terminé la journée sur une plage du côté nord de la péninsule. On a choisi cet endroit exprès, car en juin le soleil se couche exactement dans cette direction — droit dans la mer. Nous sommes arrivées vers 19h30, on s’est assises sur les galets et on a juste regardé.

Les galets au coucher de soleil — les pierres mouillées brillent

Coucher de soleil spectaculaire au-dessus de la mer, péninsule de Datça
En juin, le coucher de soleil est vers 20h30 — ne soyez pas pressés de repartir

Spot pour le coucher de soleil

  • Spot pour le coucher de soleil: : GPS — c’est ici qu’en juin le soleil se couche pile au-dessus de la mer

Infos pratiques : comment organiser l’excursion

Informations pratiques

  • Distance : Marmaris — Datça ~75 km, ~1h30 en scooter
  • Transport : scooter (à partir de 800-1000 TL/jour, environ 25-30 €), voiture, ou dolmuş depuis Marmaris (départ de la gare routière, ~100 TL, environ 3 €)
  • GPS vieille ville : 36.7346, 27.6543
  • Eski Datça : gratuit, accessible en permanence
  • Durée : pour la vieille ville — 2 à 3 heures ; pour l’itinéraire complet avec plages et coucher de soleil — la journée entière
  • Restauration : Datça regorge de petits restaurants, comptez 300-500 TL (environ 9-15 €) pour deux
  • Essence : un plein de scooter suffit pour l’aller-retour (~150 TL, environ 4,50 €)
  • Depuis la France : vols directs Paris — Dalaman (environ 3h30), puis 90 km jusqu’à Marmaris
  • Visa : les citoyens de l’UE n’ont pas besoin de visa pour des séjours de moins de 90 jours

Conseils à garder en tête

  • Partez de Marmaris le matin, vers 9-10h. Vous aurez le temps de flâner dans la vieille ville, de rejoindre les plages et de rester pour le coucher de soleil
  • Emportez de l’eau et de la crème solaire — sur la péninsule, l’ombre est rare
  • Si vous êtes en scooter — portez des chaussures fermées et prenez une veste légère pour les lacets de montagne (il fait plus frais en altitude)
  • Le dolmuş est l’option budget, mais il passe peu souvent et ne dessert pas les plages de la péninsule

Conseil photo

  • Conseil photo: : La meilleure lumière pour la vieille ville, c’est le matin, avant 11h. Pour les plages et les montagnes — la lumière de fin de journée, après 17h. Le coucher de soleil — à partir de 19h30, du côté nord de la péninsule.
Comment aller de Marmaris à Datça ?

Le plus pratique est de louer un scooter ou une voiture à Marmaris. Le trajet prend environ 1h30. Il y a aussi des dolmuş (minibus) depuis la gare routière de Marmaris, pour environ 100 TL (environ 3 €).

Combien coûte la location d’un scooter à Marmaris ?

Un scooter coûte entre 800 et 1000 TL par jour (environ 25-30 €). Le permis A est requis. Les casques sont généralement fournis.

Combien de temps faut-il pour visiter Datça ?

Pour la vieille ville, comptez 2 à 3 heures. Mais si vous voulez parcourir la péninsule, vous arrêter aux plages et rester pour le coucher de soleil — prévoyez la journée entière.

Quelle est la meilleure période pour aller à Datça ?

De mai à octobre. J’y suis allée en juin — l’eau est déjà assez chaude pour se baigner, mais on évite la canicule et la foule d’août. Et les bougainvilliers sont en pleine floraison.

Datça vaut-elle le détour pour une seule journée ?

Oui. Nous avons tout fait en une journée : la vieille ville, le littoral, le coucher de soleil. Si vous préférez prendre votre temps, vous pouvez passer la nuit dans un hôtel-boutique à Eski Datça.

Quelles plages trouve-t-on sur la péninsule de Datça ?

Les plages sont principalement de galets, avec une eau très claire. Il y en a des aménagées (transats et café) et de totalement sauvages. Prenez des chaussures aquatiques — l’entrée dans l’eau est rocailleuse.

La route de Marmaris à Datça est-elle sûre en scooter ?

La route est en bon état, le goudron est lisse. Mais les lacets sont serrés avec beaucoup de virages — il faut rouler prudemment, surtout si vous n’avez pas l’habitude de la conduite en montagne. Il y a des stations-service en chemin.

En résumé

Si vous êtes à Marmaris et que vous voulez découvrir une autre facette de la Turquie — prenez un scooter et filez à Datça. Une heure et demie de route, une journée de balades et de plages, un coucher de soleil sur les galets. Nous sommes rentrées à Marmaris à la nuit tombée et nous n’avons pas regretté une seconde d’être parties.

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