5 excursions d’une journée depuis Izmir — Pergame, Alaçatı, Urla, Barbaros & Éphèse

Izmir est une base idéale pour explorer la côte égéenne turque. Dans un rayon d’une heure et demie en voiture, on trouve des cités antiques, des villages médiévaux, des bourgades en pierre avec des cafés et des routes des vins. J’ai sélectionné cinq excursions — chacune tient largement dans une journée.

Arche en pierre avec bougainvillée dans une ruelle d'Alaçatı — vue typique de la Turquie égéenne
Alaçatı — l’une des cinq destinations de cette liste, et sans doute la plus photogénique

1. Bergama et Pergame — Capitale antique au sommet d’une colline

Une heure et demie au nord d’Izmir. Pergame était la capitale du royaume des Attalides, qui rivalisait sérieusement avec Alexandrie et Athènes au IIe siècle avant notre ère. La bibliothèque de la ville contenait 200 000 rouleaux — la deuxième plus grande de l’Antiquité. Quand l’Égypte cessa de vendre du papyrus à Pergame, les érudits de la ville inventèrent un nouveau support d’écriture à base de peau animale. Ils le nommèrent d’après leur cité : le parchemin.

On accède à l’acropole par téléphérique. En haut : le temple de Trajan, dont les colonnes de marbre se dressent sur fond de ciel et de vallée. Le théâtre de Pergame est le plus pentu de l’Antiquité — les rangées descendent à 33 degrés. Une ambiance qui rappelle les théâtres romains d’Orange ou de Nîmes, mais dans un cadre incomparable.

Temple de Trajan à Pergame — colonnes de marbre sur fond de ciel bleu, photographié d'en bas
Temple de Trajan. Les colonnes se dressent au bord de l’acropole — derrière, une falaise et une vue sur toute la vallée
Théâtre antique de Pergame avec vue panoramique sur la ville de Bergama
Théâtre de Pergame — 10 000 places, inclinaison à 33 degrés. Quand on s’assoit en haut, les genoux s’en souviennent

En bas, dans Bergama même, la Basilique Rouge (Kızıl Avlu) mérite le détour — un immense édifice en briques qui commença comme temple romain avant de devenir une église byzantine. Le bazar couvert Arasta est en bois, tranquille, bordé de marchands de tapis et embaumé d’épices — un bon endroit pour souffler après la montée.

Basilique Rouge de Bergama en contre-jour — murs en briques et tour ronde entre les arbres
Basilique Rouge — l’un des plus grands édifices romains hors de Rome
Bazar couvert Arasta à Bergama — voûte en bois, drapeaux, long corridor
Le bazar Arasta. Marchands de tapis à l’intérieur, presque vide le matin

Informations pratiques : Bergama et Pergame

  • Distance depuis Izmir : ~80 km, 1h30–2h en voiture
  • GPS Acropole : 39.1325, 27.1842
  • Temps nécessaire : 3–4 heures (Acropole + Basilique Rouge + ville)
  • Horaires : 08h00–19h00 (été), 08h00–17h00 (hiver)
  • Entrée : Acropole — 650 TL (~18 €), téléphérique — 200 TL (~5,50 €)
  • Conseil : Commencez par l’Acropole le matin, avant que le soleil ne soit trop fort
  • En savoir plus : Acropole de Pergame — guide complet et Bergama au-delà de l’Acropole
  • Visa pour les Français : Pas de visa requis pour les citoyens de l’UE (jusqu’à 90 jours)

2. Alaçatı — Bourgade en pierre avec moulins à vent et bougainvillées

Quarante-cinq minutes à l’ouest d’Izmir, sur la presqu’île de Çeşme. Alaçatı a été fondée au XVIIe siècle par des Grecs ottomans, et les maisons en pierre n’ont guère changé depuis — si ce n’est qu’une sur deux abrite désormais une boutique ou un café.

La rue principale longe des échoppes de savon à la lavande, de confiture de pétales de rose et de céramique artisanale. Au point culminant de la ville se dressent quatre moulins à vent en pierre datant de 1850 — le symbole d’Alaçatı. Ils moulaient autrefois le blé ; aujourd’hui, ce sont les sujets les plus photographiés de la ville.

Moulin à vent d'Alaçatı avec drapeau turc devant des arbres
L’un des quatre moulins de 1850. Ils moulaient autrefois le grain — aujourd’hui, c’est le spot photo incontournable de la ville
Café aux volets bleus dans une rue d'Alaçatı — tables sur les pavés, murs en pierre
Une rue typique d’Alaçatı — volets bleus, murs en pierre, tables directement sur les pavés

La mosquée Pazaryeri a sa propre histoire. L’édifice a été construit en 1874 comme église orthodoxe grecque, puis transformé en mosquée après l’échange de populations des années 1920. L’architecture est restée : la galerie à arcades, le minaret là où se trouvait le clocher, la même pierre dorée que le reste de la ville.

Mosquée Pazaryeri à Alaçatı — ancienne église grecque avec minaret et galerie à arcades
Mosquée Pazaryeri — ancienne église orthodoxe grecque de 1874. Le minaret a poussé là où se trouvait le clocher

Alaçatı est aussi l’une des principales destinations de windsurf en Turquie : le vent y est régulier, la baie peu profonde, et un championnat international s’y tient chaque année. Même sans planche, venez le samedi pour le marché : olives fraîches, fromage, miel en rayon, lavande séchée.

Informations pratiques : Alaçatı

  • Distance depuis Izmir : ~77 km, 45–50 minutes
  • GPS : 38.2828, 26.3756
  • Temps nécessaire : toute la journée (ville + plage)
  • Meilleure période : avril — Festival des herbes ; été — windsurf ; automne — calme et chaud
  • Conseil : Très fréquenté le week-end — mieux vaut venir en semaine
  • À proximité : Çeşme (15 min) avec plages et sources thermales
  • En savoir plus : Alaçatı et Urla — guide complet

3. Urla — Gastronomie, street art et gelato

Urla, c’est l’escapade la plus proche de la ville : 35 minutes en voiture. Il y a peu, c’était un paisible district agricole ; aujourd’hui, le National Geographic en parle comme du centre du mouvement farm-to-table en Turquie, et les restaurants locaux ont des distinctions Michelin.

On a envie de s’arrêter devant chaque deuxième maison. Les meyhane (tavernes turques) et les cafés sont peints à la main — pas par des designers, mais par les propriétaires eux-mêmes. Le meyhane « Fasıl » avec sa façade bleue, ses carreaux peints et ses pots de fleurs est une destination à part entière.

Meyhane Fasıl à Urla — façade bleue avec carreaux peints, pots de fleurs et enseigne
Meyhane « Fasıl » — l’une de ces façades devant lesquelles on ne peut pas passer sans sortir l’appareil photo

Les vieux murs portent des fresques. « Urla Hatırası » est un mur entier peint d’artichauts, de raisins et d’arbres. L’artichaut est ici une sorte de légume culte : chaque avril se tient un Festival de l’artichaut de trois jours, avec ateliers et dégustations.

Fresque Urla Hatırası sur un vieux mur — artichauts, raisins et arbre
Street art « Urla Hatırası » — l’artichaut et le raisin, les deux symboles d’Urla

Et puis il y a le gelato. Chez Necco : glace au mastic (sakızlı), lait de Jersey, pistache. La vitrine ressemble à une boutique italienne, les saveurs sont turques.

Vitrine de la gelateria Necco à Urla — glaces aux saveurs turques
Necco — du gelato à la turque. Goûtez le sakızlı (mastic) — introuvable ailleurs

Informations pratiques : Urla

  • Distance depuis Izmir : ~40 km, 35–45 minutes
  • GPS : 38.3225, 26.7644
  • Temps nécessaire : toute la journée (ville + vignobles + déjeuner)
  • Avril : Festival de l’artichaut (3 jours, cuisine, musique, ateliers)
  • Domaines viticoles : Urlice, USCA, Mosaik, Limantepe — dégustations sur la route des vins Urla Bağ Yolu
  • Conseil : Réservez les restaurants à l’avance, surtout le week-end
  • En savoir plus : Alaçatı et Urla — guide complet

4. Barbaros — Le village des épouvantails, poupées artisanales et cuisine maison

22 kilomètres d’Urla — et on arrive à Barbaros. Un village vieux de 700 ans qui a intégré en 2025 la liste des meilleures destinations touristiques rurales de l’UNWTO. Si vous êtes déjà à Urla, prévoyez quelques heures pour Barbaros.

Des épouvantails partout. Dans les rues, dans les cours, aux portes des maisons, attachés aux arbres. Fin août, les habitants fabriquent des centaines de figurines pour le Festival des épouvantails (Oyuk Festival), mais certaines restent toute l’année. Certaines sont habillées en costume, d’autres en tenue de travail — chacune a un visage peint.

Les épouvantails de Barbaros — chacun a sa personnalité. À gauche : l’accueillant à l’entrée ; à droite : le « gentleman » local

Les murs et les cours sont animés également — fresques d’ailes, vignes, chaises peintes. L’atelier Atölye Kirli Çıkı vend des poupées de chiffon faites à la main, et on peut essayer d’en coudre une soi-même.

Cour à Barbaros avec fresques d'ailes, vigne et pots de fleurs
Une des cours de Barbaros — street art, vigne et chaises où l’on peut simplement s’asseoir
Atelier Atölye Kirli Çıkı à Barbaros — vitrine de poupées et jouets faits main
Atelier Atölye Kirli Çıkı — poupées artisanales, 75 TL (~2 €) pièce. On peut essayer d’en faire une

Informations pratiques : Barbaros

  • Distance depuis Izmir : ~55 km, 45–50 min (ou 22 km depuis Urla)
  • GPS : 38.3533, 26.6558
  • Temps nécessaire : 2–3 heures
  • Printemps : Festival des épouvantails (Oyuk Festival) — des centaines de figurines dans les rues
  • Knock Knock Houses : frappez à une porte avec une enseigne — l’hôtesse vous servira un repas maison
  • À goûter : katmer (galette au fromage et herbes), confiture de lavande, café dibek
  • En savoir plus : Barbaros — guide complet

5. Éphèse — Trois kilomètres de rues en marbre et illumination nocturne

Éphèse est la destination la plus connue de cette liste, et l’échelle y est différente : trois kilomètres de rues en marbre, un théâtre, une bibliothèque, des temples — tout est authentique, pas de reconstruction. Un conseil : venez en fin d’après-midi. Au coucher du soleil, la bibliothèque de Celsus se photographie toute seule. L’analogie avec Nîmes ou Orange s’arrête vite — l’état de conservation ici est sans équivalent en Europe.

Bibliothèque de Celsus au coucher du soleil — lumière dorée, palmiers, silhouettes dans les ruines
Bibliothèque de Celsus au coucher du soleil. Le soleil se couche exactement derrière la façade — le meilleur moment pour les photos

La bibliothèque de Celsus est le cliché principal. Une façade à deux étages avec des statues représentant la Sagesse, le Savoir, l’Intelligence et la Vertu. Elle abritait autrefois 12 000 rouleaux — la troisième plus grande bibliothèque du monde antique, après Alexandrie et Pergame. Le Grand Théâtre pouvait accueillir 25 000 spectateurs. L’apôtre Paul y a prêché. L’acoustique fonctionne encore : quelqu’un qui parle sur la scène s’entend depuis les rangées du haut.

Grand Théâtre d'Éphèse en heure dorée — rangées de sièges en pierre remontant la colline
Le Grand Théâtre — 25 000 places. L’acoustique fonctionne toujours

Le temple d’Hadrien est petit mais très détaillé : une arche avec la tête de Méduse au-dessus de l’entrée, des colonnes corinthiennes, une frise sculptée. Facile à rater — ne le ratez pas.

Temple d'Hadrien à Éphèse au coucher du soleil — arche en marbre avec Méduse et colonnes corinthiennes
Temple d’Hadrien. Petit mais l’un des plus détaillés — regardez le relief dans l’arche

Du printemps à l’automne, Éphèse est aussi ouvert le soir : la bibliothèque de Celsus est illuminée d’un ambre chaud, le site est sombre alentour, moins de touristes. La photo ci-dessus montre exactement ça — l’illumination et un fin croissant de lune au-dessus de la façade.

Bibliothèque de Celsus la nuit — illumination ambrée et croissant de lune au-dessus de la façade
Bibliothèque de Celsus la nuit. Lumière ambrée et lune — ça vaut la peine de rester après la tombée de la nuit

Informations pratiques : Éphèse

  • Distance depuis Izmir : ~75 km, 1–1h30
  • GPS : 37.9411, 27.3418
  • Horaires : 08h00–19h00 (été) ; séances du soir — vérifier sur le site officiel
  • Entrée : 600 TL (~17 €) ; Maisons à terrasses — billet séparé 350 TL (~10 €)
  • Temps nécessaire : 3–4 heures en journée ; +1h30 pour l’illumination du soir
  • Conseil : Entrer par la porte supérieure — descendre est bien plus facile
  • En savoir plus : Éphèse — guide complet

Comment organiser ses excursions

Les cinq sites peuvent être visités en trois jours :

  • Jour 1 : Urla + Barbaros (22 km l’un de l’autre)
  • Jour 2 : Alaçatı (+ Çeşme si le temps le permet)
  • Jour 3 : Bergama/Pergame (matin) ou Éphèse (plutôt en fin d’après-midi)

Une voiture de location est de loin l’option la plus pratique. Les transports en commun existent, mais les horaires sont rigides, et les petits endroits comme Barbaros ne sont accessibles qu’en taxi sans voiture.

Pour les photographes : Bergama et Alaçatı sont mieux le matin — lumière douce, peu de monde. Éphèse est clairement meilleur au coucher du soleil et en illumination nocturne. Urla et Barbaros sont agréables à toute heure.

FAQ

Quelles sont les meilleures excursions d’une journée depuis Izmir ?

Les meilleures options sont Bergama/Pergame (ruines antiques), Alaçatı (bourgade en pierre avec moulins), Urla (vignobles et restaurants), Barbaros (village des épouvantails) et Éphèse (l’une des cités antiques les mieux conservées au monde). Toutes à moins de 90 minutes d’Izmir.

Comment aller à Pergame depuis Izmir ?

En voiture, 1h30–2h vers le nord. Des bus partent aussi de la gare routière d’Izmir pour Bergama (environ 2h, à partir de 100 TL). De Bergama au téléphérique de l’acropole — téléphérique ou taxi.

Quelle est la meilleure période pour visiter Alaçatı ?

Le printemps (avril — Festival des herbes) et l’automne sont idéaux : chaud, pas trop fréquenté. En été, surf et plage, mais les week-ends sont très animés. Les jours de semaine sont toujours plus calmes.

Vaut-il la peine de visiter Barbaros ?

Oui, surtout si vous êtes déjà à Urla — Barbaros est à seulement 22 km. Le village est petit, 2–3 heures suffisent. Épouvantails, cuisine maison, poupées artisanales — un endroit vraiment insolite.

Combien coûte l’entrée à Éphèse ?

Le billet principal coûte 600 TL (~17 €). Les Maisons à terrasses (section séparée à l’intérieur du site) coûtent 350 TL (~10 €) en plus. Billets du soir — renseignez-vous sur place.

Peut-on combiner Urla et Alaçatı en une journée ?

Techniquement oui — environ 40 km les séparent. Mais les deux endroits méritent une journée entière, surtout si l’on veut visiter les domaines viticoles d’Urla et se promener à Alaçatı sans se presser.

A-t-on besoin d’une voiture pour les excursions depuis Izmir ?

Fortement recommandé. On peut atteindre Bergama et Éphèse en bus, et Alaçatı en dolmuş. Mais Urla, Barbaros et les déplacements entre petites destinations sans voiture sont vraiment peu pratiques.

Publications similaires